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En bref

Le téléphone est un outil formidable pour communiquer, apprendre et rester connecté au monde. Mais lorsqu’il devient notre réflexe au moindre instant vide, il peut aussi fragmenter notre attention, affaiblir notre présence aux autres et nous faire perdre l’habitude de réfléchir, contempler ou simplement attendre. L’enjeu n’est donc pas de rejeter le smartphone, mais de lui imposer des limites pour qu’il reste à notre service.

Quand je suis à Paris pour le travail il y a une scène que j’observe de plus en plus souvent et qui, à elle seule, résume peut-être une partie de notre rapport au téléphone.

Un groupe de personnes attend à un passage piéton. Le feu vient de passer au rouge. Il faudra patienter trente secondes, peut-être une minute. Presque immédiatement, plusieurs mains descendent vers les poches. Les téléphones apparaissent. Un message, une notification, Instagram, une actualité, parfois rien de bien précis. Il fallait simplement occuper l’attente.

Ce geste est devenu tellement banal que nous ne le voyons même plus.

Et pourtant, il mérite peut-être que l’on s’y attarde. Non parce qu’il serait grave de regarder son téléphone pendant trente secondes, mais parce qu’il révèle une évolution plus profonde : nous sommes de moins en moins à l’aise avec l’idée de ne rien avoir à faire.

Attendre devient inconfortable. S’ennuyer quelques instants paraît presque anormal. Marcher sans musique, conduire sans radio, prendre le train sans écran, rester seul quelques minutes avec ses pensées demandent parfois un véritable effort.

Il serait cependant beaucoup trop simple d’en conclure que le téléphone est mauvais.

C’est même tout l’inverse qui rend la question intéressante : le téléphone est un outil absolument formidable.

Un objet qui nous ouvre le monde

Il faut se souvenir de tout ce que cet objet nous permet de faire.

Nous pouvons parler instantanément à nos proches, même lorsqu’ils vivent à des centaines ou des milliers de kilomètres. Nous pouvons partager des photographies avec notre famille, appeler un ami auquel nous venons de penser, entretenir une relation malgré la distance ou joindre quelqu’un immédiatement lorsqu’une situation l’exige.

Le téléphone peut donc réellement rapprocher.

Il nous donne également accès à une quantité de connaissances qui aurait été inimaginable pour les générations précédentes. Nous pouvons lire un article, écouter une conférence, consulter un dictionnaire, découvrir un auteur, apprendre une langue, suivre un cours ou chercher la réponse à une question qui vient de nous traverser l’esprit.

Internet, utilisé ainsi, est une bibliothèque presque infinie.

Le téléphone est aussi une carte, un appareil photo, un carnet, un agenda, un outil de travail, une calculatrice, un moyen de paiement, une lampe de poche, un lecteur de musique et probablement encore une dizaine d’objets que nous aurions autrefois transportés séparément.

Il n’y aurait donc aucun sens à mener une croisade contre le smartphone.

La question n’est pas de savoir s’il faut vivre avec ou sans téléphone. La réponse me paraît assez évidente : nous vivons avec, et il nous apporte énormément.

La vraie question est plutôt de savoir quelle place nous voulons lui donner.

Parce qu’un outil peut finir par prendre plus de place que la fonction pour laquelle nous l’avions adopté.

Quand nous ne savons plus attendre

C’est là que le passage piéton redevient intéressant.

Pourquoi ressentons-nous parfois le besoin de sortir notre téléphone alors que nous savons parfaitement que le feu repassera au vert quelques dizaines de secondes plus tard ?

Nous n’avons souvent rien de particulier à y faire.

Nous ne devons appeler personne. Nous n’attendons pas un message urgent. Nous n’avons pas besoin d’une information.

Nous ne savons simplement plus très bien quoi faire de ces trente secondes.

Et ce phénomène se retrouve partout.

Dans une file d’attente, lorsque la personne avec laquelle nous sommes à table part quelques instants aux toilettes, dans un ascenseur, avant le début d’une réunion, en attendant quelqu’un dans la rue, parfois même pendant quelques secondes d’interruption au milieu d’une conversation.

Le téléphone devient la réponse automatique à chaque moment vide.

Dans Fight Club, une phrase résume assez brutalement ce renversement : « The things you own end up owning you. » Nous avons acheté un téléphone pour qu’il nous rende service. Mais à partir du moment où nous ne sommes plus capables d’attendre trente secondes à un passage piéton sans le sortir de notre poche, la question mérite d’être posée : possédons-nous encore réellement l’outil, ou a-t-il commencé à posséder une partie de notre attention ?

Je crois pourtant que ces moments avaient une utilité que nous avons sous-estimée.

Nous les appelons des temps morts, comme s’ils étaient du temps perdu. Mais ils étaient justement les rares instants pendant lesquels aucune tâche particulière ne réclamait notre attention.

On regardait autour de soi.

On observait les gens.

On remarquait un bâtiment devant lequel on était passé vingt fois.

On pensait à sa journée.

Une idée apparaissait.

On se souvenait qu’il fallait appeler quelqu’un.

Ou peut-être ne faisait-on simplement rien.

Et il n’y avait rien de grave à cela.

Notre esprit n’a probablement pas vocation à être occupé chaque seconde de la journée.

Nous avons besoin de ces respirations.

C’est d’ailleurs ce que je trouve intéressant dans l’ennui. Nous cherchons spontanément à l’éviter, alors qu’un peu d’ennui peut être extrêmement fécond. L’esprit cesse de recevoir et commence enfin à produire lui-même quelque chose.

Il réfléchit, associe, imagine, se souvient, médite.

À force de remplir systématiquement le moindre vide, nous risquons de perdre cette capacité.

Voir beaucoup, mais regarder de moins en moins

Le téléphone nous donne également accès à une quantité phénoménale d’images.

En quelques minutes, nous pouvons voir davantage de paysages, de visages, de villes et d’événements qu’un homme d’il y a quelques siècles n’en aurait probablement vus en plusieurs années.

Mais voir davantage ne signifie pas forcément regarder davantage.

Il m’arrive de penser que nous perdons progressivement une partie de notre capacité à contempler.

Nous arrivons devant un paysage magnifique et notre premier geste consiste parfois à sortir le téléphone. Nous prenons une photographie, puis une autre. Nous cherchons le bon angle. Nous voulons conserver le souvenir ou le partager.

Il n’y a évidemment rien de mauvais à cela.

Mais il faut peut-être aussi savoir ranger le téléphone et simplement regarder.

Rester quelques minutes devant la mer sans autre intention que de regarder la mer.

Marcher dans une forêt sans écouteurs.

Observer le ciel.

Regarder les gens vivre autour de soi.

Écouter le bruit d’un feu.

Contempler une église, une montagne, un arbre, un tableau ou simplement un endroit que l’on aime.

Ces moments ne produisent rien de mesurable.

Ils ne nous rendent pas plus efficaces.

Ils ne permettent pas forcément de « gagner du temps ».

Et c’est peut-être justement pour cela qu’ils nous font du bien.

Ils nous replacent dans le réel.

Être relié à tout le monde, mais présent à personne

Il existe un autre paradoxe du téléphone que je trouve encore plus important.

Cet objet a été conçu, entre autres, pour nous relier aux autres. Et il le fait remarquablement bien. Pourtant, il peut dans le même temps nous rendre moins disponibles aux personnes physiquement présentes autour de nous.

Il suffit de regarder certaines tables au restaurant.

Deux, trois ou quatre personnes discutent, mais les téléphones sont posés devant elles. Une notification apparaît. L’un regarde. Puis l’autre. La conversation reprend ensuite normalement.

Rien de dramatique ne vient de se produire.

Mais quelque chose a été légèrement interrompu.

L’attention.

Et ces petites interruptions répétées finissent par changer la qualité d’une relation.

Écouter quelqu’un, ce n’est pas seulement entendre ce qu’il dit. C’est lui faire comprendre, pendant quelques instants, qu’il n’existe rien de plus important que ce qu’il est en train de nous raconter.

C’est particulièrement vrai avec les enfants. Un enfant qui raconte quelque chose de sa journée ne dispose pas toujours de notre notion adulte de ce qui est important ou non. Son histoire peut sembler minuscule. Mais lorsque notre regard quitte son visage pour descendre vers une notification, le message implicite peut être puissant : quelque chose qui vient d’apparaître sur mon écran mérite davantage mon attention que ce que tu es en train de me dire.

Le problème du téléphone n’est donc pas uniquement le temps qu’il nous prend.

Il peut aussi diminuer la qualité du temps que nous donnons aux autres.

Or je crois que l’un des chemins les plus simples vers une vie heureuse est précisément d’entretenir des liens solides : une famille, quelques vrais amis, des collègues avec lesquels nous aimons travailler, des voisins que nous connaissons, une communauté dans laquelle nous nous sentons intégrés.

Le téléphone devrait renforcer ces liens.

Il ne devrait pas nous en éloigner.

Le piège particulier du scroll

Toutes les utilisations du téléphone ne se valent pas.

Passer quarante minutes à appeler un ami n’est évidemment pas la même chose que passer quarante minutes à faire défiler des vidéos. Lire un long article n’a pas le même effet que consulter successivement vingt contenus de quinze secondes. Utiliser une application pour apprendre une langue n’est pas comparable au fait d’ouvrir machinalement un réseau social sans même savoir ce que l’on vient y chercher.

La différence importante me semble être celle de l’intention.

Est-ce que j’ai pris mon téléphone pour faire quelque chose, ou l’ai-je pris pour qu’il me donne quelque chose à faire ?

Dans le premier cas, l’outil répond à un besoin.

Dans le second, nous lui abandonnons une partie de notre attention.

Le scroll infini est particulièrement efficace pour cela parce qu’il ne possède aucune fin naturelle.

Un livre se termine. Un film se termine. Une conversation se termine. Même le journal possède une dernière page.

Le fil, lui, continue.

Il y aura toujours une vidéo suivante, une publication supplémentaire, une nouvelle actualité ou une nouvelle polémique.

Il ne s’agit pas de culpabiliser parce que l’on passe parfois vingt minutes à regarder des choses parfaitement inutiles. Nous avons le droit de nous distraire. Tout dans la vie n’a pas à être instructif, productif ou profond.

Le problème commence plutôt lorsque nous n’avons pas réellement décidé de ces vingt minutes.

Lorsque nous pensions regarder deux choses et que nous relevons la tête une heure plus tard.

Lorsque nous refermons une application par ennui pour la rouvrir presque instinctivement cinq minutes après.

Lorsque notre téléphone cesse d’être un divertissement choisi et devient notre réponse automatique au moindre inconfort.

La dispersion est peut-être plus problématique encore que le temps perdu

On parle beaucoup du nombre d’heures passées sur les écrans. C’est un indicateur intéressant, mais il ne dit pas tout.

Une personne peut utiliser son téléphone plusieurs heures dans la journée pour travailler, écrire, apprendre, téléphoner ou s’orienter sans que cela me semble particulièrement inquiétant.

Le problème est aussi celui de la fragmentation.

Vous commencez à travailler sur quelque chose. Une notification arrive. Vous regardez. Vous revenez à votre tâche. Quelques minutes plus tard, vous pensez à quelque chose que vous voulez vérifier. Vous ouvrez votre navigateur. En cherchant votre information, vous voyez autre chose. Puis un message arrive.

À la fin de la journée, vous avez peut-être travaillé plusieurs heures.

Mais vous avez rarement travaillé vingt ou trente minutes sans interruption.

L’esprit reste constamment entrouvert sur autre chose.

Cela provoque une fatigue particulière : celle d’avoir été occupé toute la journée sans jamais avoir été réellement absorbé par ce que l’on faisait.

Et la même chose peut se produire dans notre vie personnelle.

Nous sommes en famille, mais une partie de notre attention reste ailleurs.

Nous sommes dans la nature, mais nous consultons régulièrement ce qui se passe dans le monde.

Nous regardons un film, mais un second écran se trouve dans notre main.

Nous lisons, mais trois notifications suffisent à casser le fil.

Ce n’est plus seulement une question de temps perdu.

C’est une difficulté croissante à être pleinement quelque part.

Pourquoi avons-nous tellement peur de ne rien avoir à faire ?

C’est finalement la question qui me paraît la plus intéressante.

Pourquoi nous est-il devenu si difficile de rester seuls avec nous-mêmes ?

Parce qu’une fois toutes les stimulations retirées, quelque chose apparaît : nos propres pensées.

Et elles ne sont pas toujours confortables.

Lorsque l’on marche longtemps sans musique ni podcast, l’esprit commence à vagabonder. Des sujets que l’on avait repoussés reviennent. Une décision que l’on évitait se représente. Une conversation prend un autre sens. Une inquiétude remonte.

Mais il se passe également autre chose.

On imagine.

On crée.

On prie.

On médite.

On remet certaines choses en perspective.

Une pensée personnelle apparaît, et non simplement la réaction à la pensée de quelqu’un d’autre.

C’est l’une des raisons pour lesquelles j’accorde beaucoup d’importance au silence, à la marche, à la nature, à la prière ou simplement aux moments où l’on ne fait rien.

Une vie intérieure a besoin d’espace.

Si chaque espace disponible est immédiatement rempli par un contenu extérieur, comment peut-elle se développer ?

Se mettre des limites pour rester libre

Je ne crois pas beaucoup à l’idée selon laquelle il suffirait de « faire preuve de volonté ».

Certaines applications sont extrêmement faciles à ouvrir et les habitudes finissent par devenir presque inconscientes.

Il peut donc être utile de créer volontairement un peu de difficulté.

Couper la majorité des notifications est déjà une bonne chose. Laisser parfois son téléphone dans une autre pièce également. Ne pas le poser sur la table pendant un repas change étonnamment vite l’ambiance. Éviter qu’il soit la première chose regardée au réveil et la dernière avant de dormir permet aussi de recréer des frontières.

Pour ma part, je trouve également intéressante l’application Opal, qui permet notamment de programmer des périodes durant lesquelles certaines applications ou certains sites deviennent inaccessibles, avec différents niveaux de blocage. L’idée n’est pas de jeter son téléphone mais de remettre volontairement un peu de friction entre une impulsion et l’action qui suit.

Découvrir l’application Opal

Je précise qu’il ne s’agit absolument pas d’un partenariat ou d’un contenu sponsorisé. Je recommande simplement cet outil de bon cœur parce que je pense qu’il peut aider certaines personnes, comme il peut être utile de recommander un livre, une méthode ou une application que l’on trouve pertinente. Je l’utilise personnellement sur mon téléphone professionnel mais aussi sur le personnel depuis plus de 6 mois à la rédaction de cet article.

Son fondateur, Kenneth Schlenker, a d’ailleurs longuement présenté sa réflexion sur notre rapport aux écrans et à l’attention dans le podcast Génération Do It Yourself. L’entretien ne parle pas seulement de l’application : il aborde également les mécanismes de l’économie de l’attention, le scroll, la place du téléphone dans la chambre, la déconnexion et le rapport des enfants aux écrans.

Écouter l’interview de Kenneth Schlenker dans GDIY

Je trouve cette démarche intéressante parce que se fixer une limite n’est pas un aveu de faiblesse.

Nous faisons cela dans beaucoup d’autres domaines.

Nous organisons notre environnement pour faciliter les bons comportements et compliquer ceux dont nous ne voulons pas. La discipline ne consiste pas nécessairement à passer sa journée à lutter contre ses propres impulsions. Elle consiste aussi à construire un cadre qui nous aide à vivre comme nous avons décidé de vivre.

Retrouver les petits moments de rien

Mais aucune application ne pourra régler à elle seule notre rapport au téléphone.

Il faut probablement réapprendre à apprécier les moments où il ne se passe rien.

La prochaine fois que le feu piéton passe au rouge, ne faites rien.

Pas comme un exercice spectaculaire de développement personnel.

Simplement parce qu’il n’y a rien à faire.

Regardez autour de vous.

Peut-être remarquerez-vous un bâtiment.

Peut-être penserez-vous à votre journée.

Peut-être croiserez-vous le regard de quelqu’un.

Peut-être ne se passera-t-il strictement rien.

Ce sera très bien aussi.

Faites parfois la même chose dans une salle d’attente. Dans un train. En marchant. En prenant un café.

Ces quelques minutes ne sont pas perdues.

Elles sont au contraire des moments durant lesquels notre esprit retrouve un peu d’espace.

Nous avons besoin de ces respirations pour réfléchir, mais aussi simplement pour être davantage présents à ce qui nous entoure.

Parce que l’objectif n’est pas de devenir un ermite numérique.

Ce serait manquer complètement le sujet.

Nous vivons en société. Nous avons besoin des autres, des échanges, des informations, des outils modernes et des moyens de communication. Le téléphone peut nous aider à être davantage intégrés à ce monde.

Mais il doit nous y relier, pas nous en extraire.

Il serait assez paradoxal de posséder l’outil de communication le plus perfectionné de l’histoire et de finir moins attentif à sa famille, moins disponible pour ses amis, moins sensible à son environnement et moins capable de tenir une conversation sans interruption.

Être plus présent pour être plus heureux

Je ne crois donc pas que l’enjeu principal soit de gagner quelques heures de productivité chaque semaine.

C’est utile, évidemment.

Mais ce n’est pas ce qui me paraît le plus important.

Le véritable enjeu est de retrouver la maîtrise de notre attention pour décider à quoi nous voulons la donner.

À notre travail lorsque nous travaillons.

À un livre lorsque nous lisons.

À nos enfants lorsqu’ils nous parlent.

À notre conjoint lors d’un dîner.

À un ami lorsque nous prenons un verre avec lui.

À un paysage lorsque nous marchons.

À nos pensées lorsque nous avons besoin de réfléchir.

À Dieu lorsque nous prions.

Et parfois à rien du tout.

Il y a probablement beaucoup de bonheur dans cette capacité à être pleinement présent là où nous sommes.

Le téléphone est un outil formidable lorsqu’il augmente notre liberté, notre connaissance et nos liens avec les autres.

Il devient plus problématique lorsqu’il occupe automatiquement chaque espace disponible, disperse notre attention et nous empêche progressivement de supporter le silence.

Il ne s’agit donc pas de choisir entre la technologie et la vie réelle.

Il s’agit simplement de remettre les choses dans le bon ordre.

Utiliser son téléphone lorsqu’il nous apporte quelque chose.

Le poser lorsqu’il n’a plus rien à nous apporter.

Et retrouver, de temps en temps, cette chose devenue presque étrange dans notre monde hyperconnecté : quelques minutes pendant lesquelles il ne se passe rien.

C’est peut-être précisément dans ces moments-là que nous recommençons à regarder, à penser, à contempler et, finalement, à être vraiment présents au monde.

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