Mon manifeste
Il arrive un âge où l’on comprend que personne ne vivra notre vie à notre place
À certains moments de la vie, les questions changent.
Plus jeune, on cherche surtout à savoir qui l’on est, où l’on va, à qui faire confiance. On découvre l’amitié, l’amour, le travail, le désir de liberté, mais aussi le doute, la comparaison et la peur de ne pas être à la hauteur.
Puis viennent les choix qui engagent davantage : une orientation, un métier, une relation, une famille peut-être. On commence à comprendre que certaines décisions ouvrent des chemins et que d’autres en ferment.
Plus tard encore, d’autres questions apparaissent : qu’est-ce que je construis réellement ? Qu’est-ce que je transmettrai ? À quoi ai-je consacré mon temps ? Est-ce que ma manière de vivre correspond vraiment à ce que je considère comme important ?
Je ne prétends pas avoir traversé tout cela avec une grande lucidité.
Au contraire.
J’ai mis des années à comprendre des choses qui me paraissent aujourd’hui presque évidentes.
Que nos fréquentations comptent énormément.
Que la discipline libère davantage qu’elle ne contraint.
Que certaines habitudes apparemment insignifiantes finissent par façonner une existence.
Que la fidélité a un prix.
Que le confort n’est pas toujours notre ami.
Que prendre soin de son corps, de son esprit et de sa vie intérieure ne sont finalement pas trois combats différents.
Et surtout qu’il est très facile de laisser les années passer en pensant que l’on décidera plus tard de la personne que l’on souhaite devenir.
J’ai moi aussi avancé par détours
Je vis en Bretagne. Je suis père de quatre enfants, je dirige une entreprise dans l’industrie en région parisienne et je pratique notamment le trail.
Mon quotidien n’a donc rien de celui d’un philosophe retiré du monde.
Il est fait de responsabilités, de travail, de décisions, d’imprévus, de joies familiales, d’erreurs et de journées parfois beaucoup trop courtes.
Le trail m’a d’ailleurs appris quelque chose que je retrouve souvent ailleurs dans ma vie. Lorsque l’on dépasse la distance d’un marathon, l’effort finit parfois par changer de nature. La performance compte moins. Le corps fatigue, les kilomètres s’accumulent et l’on se retrouve davantage face à soi-même.
Il devient alors possible de donner un autre sens à l’effort. De ne plus seulement subir la difficulté, mais de l’offrir intérieurement à quelque chose de plus beau, de plus profond ou de plus grand que soi qui nous dépasse.
Je retrouve cette même idée dans beaucoup d’autres domaines : ce qui nous coûte peut parfois nous construire, à condition de savoir pourquoi nous le faisons.
Je n’ai pourtant pas toujours raisonné ainsi.
J’ai appris progressivement, par mes lectures, ma foi, mes rencontres, mes responsabilités, mes erreurs et parfois simplement par les conséquences de mes propres choix.
Avec le temps, une question a commencé à revenir :
qu’aurais-je aimé comprendre plus tôt ?
Une phrase entendue il y a longtemps
Il y a plusieurs années, j’avais un père spirituel, un abbé avec lequel j’échangeais régulièrement.
Un jour, au cours d’une conversation, il m’a dit quelque chose que je n’ai jamais vraiment oublié.
Il m’a parlé de la parabole des talents.
Il considérait que j’avais reçu un talent particulier et que, comme dans cette parabole, il ne devait pas simplement être conservé. Il fallait essayer de le faire fructifier.
À l’époque, je n’ai probablement pas mesuré toute la portée de cette remarque.
Elle a pourtant continué son chemin.
Faire fructifier ce que l’on reçoit ne signifie pas nécessairement réaliser quelque chose d’extraordinaire. Cela peut simplement vouloir dire mettre une expérience, une compétence, du temps ou quelques connaissances au service d’autres personnes plutôt que de tout garder pour soi.
J’ai fini par comprendre que l’une des manières dont je pouvais essayer de le faire était précisément celle-ci : transmettre et témoigner.
C’est ainsi qu’est né Virtus Nova
Au fil des années, j’ai accumulé des notes, des livres, des citations, des expériences, des méthodes et énormément de réflexions.
Sur la foi.
Sur le couple et la famille.
Sur les relations entre hommes et femmes.
Sur le travail.
Sur la discipline.
Sur le sport.
Sur la confiance en soi.
Sur l’amitié.
Sur la France et l’enracinement.
Sur la vérité et le mensonge.
Sur notre rapport au temps.
Sur ce monde moderne qui nous apporte énormément et qui, dans le même mouvement, nous disperse parfois terriblement.
Une partie de ces réflexions dormait dans des carnets, dans Evernote, dans des fichiers ou simplement dans ma tête.
J’ai fini par me demander pourquoi les conserver uniquement pour moi.
Virtus Nova est né de cette envie, mais aussi de ce besoin de transmettre et d’aider.
Pas d’aider au sens de dire aux autres comment ils doivent vivre.
Plutôt d’essayer de déposer quelques balises sur le chemin.
Si une réflexion peut éviter à quelqu’un une erreur que j’ai faite, lui faire gagner quelques années sur une prise de conscience, lui faire découvrir un livre, lui donner envie de reprendre une habitude ou simplement provoquer une bonne question, alors le temps passé à écrire aura déjà servi à quelque chose.
Je ne veux pas proposer une nouvelle méthode pour réussir sa vie
Il existe déjà suffisamment de personnes pour expliquer comment devenir plus riche, plus productif, plus séduisant, plus performant ou plus heureux en quelques étapes.
Ce n’est pas ce que je souhaite faire ici.
Je ne crois d’ailleurs pas qu’une existence puisse être résumée à une méthode.
Je préfère parler de chemin.
Parce qu’un chemin implique de progresser, de se tromper parfois (voir souvent), de revenir sur ses pas, de rencontrer d’autres personnes et d’accepter que l’on ne voie pas toujours très loin devant soi.
Virtus Nova parlera donc autant de discipline que de doute, autant de dépassement que de fragilité, autant de convictions que des questions qui permettent de les éprouver.
Je souhaite parler de foi sans supposer que celui qui lit croit déjà.
De tradition sans transformer le passé en musée.
De France sans considérer que l’aimer oblige à détester le reste du monde.
De relations humaines sans prétendre qu’elles peuvent être réduites à quelques règles.
Et de développement personnel sans faire de l’individu le centre absolu de toute chose.
Car devenir meilleur n’a finalement que peu d’intérêt si cela ne nous rend pas également plus capable d’aimer, de servir et de transmettre.
Certaines choses méritent peut-être d’être redécouvertes
Je crois que notre époque nous offre des possibilités extraordinaires.
Mais je crois aussi qu’elle nous fait parfois oublier des choses simples.
La valeur d’une parole donnée.
La beauté d’une fidélité qui dure.
Le silence.
L’effort gratuit.
Le temps passé avec ses enfants.
Une véritable amitié.
Une conversation sans téléphone posé entre deux personnes.
La capacité de s’ennuyer.
Le courage de dire non.
La nécessité de savoir pour quoi (et parfois pour qui) on est prêt à souffrir.
La gratitude envers ceux qui nous ont précédés.
Et peut-être cette idée ancienne selon laquelle une vie ne trouve pas toute sa grandeur dans ce que l’on accumule, mais dans ce que l’on reçoit, que l’on fait fructifier et que l’on transmet à son tour.
C’est probablement là que se trouve le fil rouge de Virtus Nova.
Je n’écris pas depuis une position de certitude absolue
C’est important pour moi.
Ce site ne sera pas le catalogue de vérités définitives d’un homme qui aurait tout compris.
J’écris comme quelqu’un qui avance.
Je peux me tromper.
Je peux changer d’avis.
Je peux découvrir qu’une idée que je défendais nécessitait davantage de nuances.
Certains articles pourront donc évoluer au fil des années, de mes lectures, de mes expériences et simplement de la maturité de ma pensée.
Je préfère corriger un texte plutôt que rester fidèle à une erreur uniquement parce que je l’ai publiée un jour.
Je souhaite néanmoins essayer d’écrire avec franchise, de distinguer autant que possible les faits de mes convictions personnelles et de ne pas cacher mes interrogations lorsqu’elles existent.
Je n’ai rien à vendre ici
Ni formation.
Ni coaching.
Ni abonnement miracle.
Ni méthode en sept étapes pour transformer votre vie avant dimanche soir.
Virtus Nova est un projet personnel de transmission.
Cela signifie aussi que je ne pourrai probablement pas répondre instantanément à tout le monde. Entre ma famille, mon entreprise et mes autres engagements, le temps disponible reste limité.
Mais si un article provoque une question, une réflexion ou simplement l’envie d’échanger, je répondrai avec plaisir lorsque j’aurai un moment, à partir de mon vécu, de mes lectures et de ce que j’ai moi-même appris en chemin.
Non pour apporter une réponse définitive.
Simplement parce qu’une expérience partagée peut parfois servir à quelqu’un d’autre.
Et s’il fallait malgré tout dire que j’ai quelque chose à « vendre », ce serait peut-être seulement cette vieille invitation :
Sursum corda.
Élevons nos cœurs.
Essayons de regarder un peu plus haut.
De rechercher ce qui est vrai.
De cultiver ce qui est beau.
De construire ce qui dure.
Et, lorsque nous avons reçu quelque chose de bon, de ne pas oublier de le transmettre.